Pourquoi - Thème 1

Pourquoi les champs sont grands ?

Pourquoi il n’y a plus d’animaux dans les fermes ?

Pourquoi es-tu devenu agriculteur ?

Pourquoi plantes-tu des arbres ?

Pourquoi utilises-tu des pesticides si tu écoutes le sol ?

Pourquoi ne laboures-tu plus ?

Pourquoi fais-tu planter des arbres aux enfants ?

Pourquoi y a-t-il plein d’animaux dans tes champs ?


- Toi aussi pose-moi tes questions par mail,
en commençant par « pourquoi » :
contact@omahaie.fr

Pourquoi les champs sont grands ?

Alésia 5 ans le 27 Aout 2009
Les champs de la ferme ont été historiquement meurtris : Pendant la seconde guerre mondiale, les Allemands y ont réalisé un camp aéronautique, avec des plateformes de tirs anti-aériens, et d’autres dispositifs de guerre, comme les canaux anti-chars. Après cette période difficile et éprouvante, les agriculteurs ont récupéré les terrains pour les cultiver à nouveau. Assez vite, les fermes s’agrandissent, se modernisent. Avec l’arrivée du tracteur, débute l’agriculture moderne et la production intensive.
Dès lors, il faut aller vite, encore plus vite. Les matériels se perfectionnent, s’élargissent, et il n’est plus « rentable » de cultiver de petits champs. Les agriculteurs s’entendent, échangent, achètent les champs et reprennent même la ferme du voisin lorsque celui-ci part à la retraite. Les champs de 2 ha deviennent des parcelles de 10, 15, voir même 50 ha d’un seul tenant. Entretemps, haies et bosquets ont disparus, car ils sont des obstacles et peuvent occasionner la casse du matériel.

retour

Pourquoi il n’y a plus d’animaux dans les fermes ?

Alèsia 5 ans le 27 Aout 2009
Chez nous, et comme chez tous les collègues agriculteurs, la ferme de La Moinerie avait des vaches. Nous produisions du lait. Mais le travail d’éleveur est avant tout une vocation, puis un métier difficile.
Tu sais, la concentration d’animaux sur un lieu déterminé, engendre des pollutions, liées aux fumiers, lisiers, mais aussi des nuisances olfactives, sonores, qui ne sont plus au goût de bon nombre de personnes.
Mettre aux normes une exploitation d’élevage coûte très cher, parfois plusieurs millions d’euros, ce qui nécessite donc des engagements et des concessions de la vie familiale très restrictifs de la part de l’agriculteur. Vivre du métier d’éleveur est dur et astreignant car un animal oblige à une présence permanente.
Alors les éleveurs se convertissent petit à petit aux cultures des champs, et bientôt tu ne pourras voir des animaux de la ferme que dans les endroits où les cultures poussent difficilement (régions montagneuses), ou alors dans les régions ou l’animal fait partie intégrante d’une culture ou d’une économie locale (Bretagne).

retour

Pourquoi es-tu devenu agriculteur ?

Matthias 7 ans le 16 septembre 2009
Je suis la 4ème génération de ma famille à être agriculteur. Depuis 1912 nous nous transmettons le bien familial avec le souci de le préserver et le pérenniser dans le temps. Mais rien ne me prédestinait à devenir agriculteur. J’ai découvert ce milieu vraiment par hasard.
Comme toi, je suis allé à l’école, mais il faut dire que rien ne m’intéressais dans les matières que j’étudiais. Je préférais de loin la récréation, aux bancs des classes. Je trouvais toujours le moyen de faire rire mes camarades.
Alors après plusieurs échecs scolaires, plusieures écoles (publiques – privées), à l’âge de 13 ans, mes parents accompagnés de mes professeurs m’ont mis devant le mur en me demandant de faire le choix entre tripler ma 6ème et m’orienter vers un métier manuel (artisanal) Ces 2 propositions me faisaient peur. Une troisième sixième serait été fatale, et les cours préparatoires pour l’artisanat avaient une connotation d’échecs entre les élèves. J’ai donc rétorqué que je souhaitais « faire comme papa » sans savoir ce que mon père faisait, bien évidemment.
Après moult démarches administratives de la part du directeur de l’école d’agriculture qui avait accepté ma candidature, je me suis retrouvé en 4ème et sans le niveau.
Du jour au lendemain ma vie a basculée. Dans cette école on parlait de la vie des animaux, des végétaux, des sols, on faisait de la chimie, de la physique. Et mêmes les matières générales devenaient attrayantes. Tout faisait référence au métier d’agriculteur, les professeurs étaient solidaires des élèves, argumentaient leurs cours de leurs propres vécus.

J’ai étudié jusqu’à l’age de 23 ans où je suis parti à Colmar pour y faire un BTS. Je me suis installé à 24 ans et jamais je n’ai regretté mon choix.

retour

Pourquoi plantes-tu des arbres ?

Matthias 7 ans le 16 septembre 2009
Tu vois quand je me suis installé, j’ai découvert qu’il n’était pas forcement utile de travailler les sols et cela contrairement à ce que l’école m’avait appris. J’ai donc choisi une agriculture plus agronomique et à l’écoute du sol, plutôt que du végétal que l’agriculteur produit.
Petit à petit, cette technique, que l’on appelle TCS (Technique de Conservation des Sols), m’a fait prendre conscience de quelque chose de fondamental, certes évidente, mais que tout le monde à oublié : la vie est une question d’équilibre
Tous les éléments dans le milieu sont étroitement liés. Si l’on perturbe l’un d’entre eux, le château de carte s’effondre.
Alors, du sol à la matière organique matière organique Matière constituée principalement de carbone et produite par des organismes vivant dans un écosystème. Exemple : végétaux en décomposition, insectes morts, excréments. , à l’organisation de la vie microbienne, aux choix des cultures, j’ai même vu des cultures disparaître, soit par les limaces, les oiseaux, ou des vers du sol car cet équilibre était inexistant. Alors, j’ai compris, j’ai agi, mis en œuvre et je me suis fait la preuve à moi-même que le moindre petit insecte était important. Bref, l’expérience et l’amour pour cette technique m’ont fait prendre conscience que être agriculteur n’était pas seulement de produire du grain, mais de s’attacher avant tout à sa terre pour transmettre aux générations futures un milieu propice à la fertilité.
Alors constamment je remets en question tout mon travail et surtout je me transpose à la place des éléments qui constituent le sol et la nature.
Donc je me suis interrogé, sur comment faciliter la colonisation de mes champs par les insectes prédateurs (auxiliaires des cultures) ? L’été, les insectes volent un peu partout, mais ces petites bêtes ont besoins de gîtes (maisons), et d’un couvert (nourriture) aussi l’hiver. Leurs maisons naturelles sont les bois morts, les feuilles, les cavités etc.
C’est alors que l’arbre m’est apparu une évidence. Je me suis documenté et aperçu qu’au moyen-âge les serfs (agriculteurs) cultivaient selon cette méthode où l’arbre était essentiel à l’agriculture.
L’arbre sert de refuge aux animaux, produit des fruits pour les hommes, nourrit les animaux par les fruits pourris et tombés au sol. Mais aussi il régule l’eau, l’érosion érosion Une des principale forme de destruction de la vie et du fonctionnement des sols.
L’eau, le vent, les températures, les actions mécaniques et répétitives, les pollutions etc. participent fortement à l’érosion terrestre.
des sols, abrite les cultures des agressions climatiques, capte par ses racines les éléments mis en excès sur les cultures par l’agriculteur etc.

Je transpose donc ce modèle moyenâgeux aux méthodes modernes de l’agriculture, afin de pouvoir préserver l’environnement de toutes interventions chimiques nécessaires pour l’hygiène des cultures.

retour

Pourquoi utilises-tu des pesticides si tu écoutes le sol ?

Matthias 7 ans le 3 février 2010
C’est assez complexe !
Le milieu dans lequel j’exploite, est très ouvert, il n’y a plus d’élément fixe du paysage (haies, arbres etc.) et quand ils existent, ils sont mal entretenus, parce qu’ils sont taillés pour éviter de casser le matériel et de façon très rase afin d’éviter de perdre du terrain pour les cultures. C’est absurde, mais c’est ainsi. Faire évoluer les mentalités reste réalisable mais fastidieux et demande beaucoup de temps. Ensuite, le secteur agricole est un milieu où il est difficile d’avoir une latitude d’évolution rapide. Les investissements sont lourds et nécessitent un temps d’amortissement assez long.
L’équilibre du milieu que j’exploite a été modifié depuis plus de 70 ans. Et par exemple pour rééquilibrer la population de limaces et de carabes (prédateurs des mollusques) il m’a fallu à peu près 7 ans, et cela juste pour un ravageur, alors que nos cultures en comptes des centaines.
Enfin il y a l’aspect psychologique, certes improbable quand on parle d’écologie, mais néanmoins présent. Et vois-tu aujourd’hui, je voudrais aller vers l’agriculture biologique puis bio-dynamique, mais il n’existe pas d’alternative à la charrue pour désherber de façon efficace les sols, ce qui veut dire aussi enterrer et détruire les insectes et milieux de vies que j’ai laissé se réaliser depuis plus de 14 ans maintenant. Voir tout ce petit monde utile disparaître, est inconcevable pour moi, alors j’ai choisi d’avancer par étapes, sans perturber radicalement la vie qui c’est créé autour et dans mes champs.

retour

Pourquoi ne laboures-tu plus ?

Matthias 7 ans le 29 Mars 2010

Labourer est un travail lourd, déstructurant les sols, et surtout très polluant.
Depuis 14 ans une multitude d’insectes et micro-organismes vivent dans mes sols. Labourer ferait disparaître tout cet équilibre. Quand on laboure, on retourne la terre, « on met dessous ce qui se trouve dessus »
Il faut beaucoup de temps, de puissance, de gasoil pour travailler en labour 1 hectare de terre selon la technique du labour. (en moyenne sont nécessaires 40mn de travail, entre 15 et 30 litres de gasoil, sans compter l’usure du matériel...).
La terre labourée devient plus légère, « quand tu marches dessus tu t’enfonces », alors, l’agriculteur devra re-appuyer son sol pour semer.
Ensuite la charrue met les vers de terres en surface qui sont mangés par les mouettes, ou coupés, broyés etc. (on dit qu’un sol régulièrement labouré contient 300kg de vers de terre par hectare, un sol travaillé superficiellement en compte 700 kg et en semis direct +1000kg).

Au final, il aura fallu 1h30, et 70 litres de gasoil pour semer 1ha de blé, en labourant. Pour la même surface et en semis direct, il me faut juste 15mn et 10 litres de gasoil. Mon tracteur a 12 ans et 3800 heures de travail, alors qu’il devrait en avoir plus de 10000.
Ne pas travailler la terre ou juste superficiellement, c’est laisser faire la nature.
C’est vrai qu’il faut plus de temps pour escompter les premiers résultats concluants (env. 7Ans).

Ne pas labourer ça veut dire aussi accumuler les résidus des débris végétaux en surface, et la terre est ainsi protégée des agressions climatiques (rayons du soleil, gouttes de pluie, vent etc). Cette protection de la surface, capte mes pulvérisations de produits chimiques, et contenus dans ce matelas de matières organiques, tous les micro-organismes vont dégrader les molécules, en préservant ainsi les eaux souterraines de toutes pollutions.
Le labour accélère aussi la dégradation des débris végétaux en azote. Dans le fond de la raie du labour, les débris végétaux vont être en contact avec l’eau, la chaleur et l’air. Rapidement, et dans l’année culturale, les cultures vont disposer de beaucoup d’azote, qui risque de s’échapper dans les eaux (nitrate) ou de participer au réchauffement climatique (protoxyde d’azote).

Ma charrue, ce sont les vers de terre. Ils travaillent le sol et dégradent la matière organique matière organique Matière constituée principalement de carbone et produite par des organismes vivant dans un écosystème. Exemple : végétaux en décomposition, insectes morts, excréments. , la rendant progressivement assimilable pour les plantes. Les galeries de ces vers, architecturent le sous sol, le rendant plus portant pour le matériel, (1m3 de terre = 5km2 de galeries), les racines des plantes vont utiliser ces mêmes galeries, et lors de gros abats d’eau elle s’écoulera facilement.

retour

Pourquoi fais-tu planter des arbres aux enfants ?

Matthias 7 ans le 29 Mars 2010
Toi et tes petits camarades, vous êtes la génération d’adultes de demain. Vous êtes l’avenir d’une planète où des successions de générations ont vécus en spéculant sur un futur qu’ils n’ont jamais maitrisé. En venant planter à LA MOINERIE, j’espère te sensibiliser envers l’écologie, te montrer que par des gestes simples il est facile de construire un environnement favorable à la vie. En plantant tes arbres, je m’engage à les entretenir, et plus tard lors de tes promenades, tu pourras venir les admirer, et pourquoi pas participer à leur taille.

retour

Pourquoi y a-t-il beaucoup d’animaux dans tes champs ?

Alèsia 5 ans le 2 Avril 2010
On retrouve principalement les animaux et d’autres invertébrés (insectes), dans un milieu qui leur est favorable (Nourritures – abris...). Le fait de ne pas travailler les sols et de ne pas le perturber, contribue à ce que les animaux trouvent dans mes champs tout ce dont ils ont besoin.

retour