De l’essor au changement de cap.

Après la seconde guerre mondiale, mon grand père Yvon agrandit la ferme. Un peu plus de terres et d’animaux (vaches à lait, lapins, poules pondeuses, canards et pigeons). Le site familial se modernise, tracteurs, remorques, moissonneuse batteuse, trayeuses, monte-charge etc.

En 1969, mon père, Roger, s’installe sur la ferme de ses parents. C’est l’ère de la modernisation, l’électronique, les cultures spécialisés (oignons porte graines, épinards….), les progrès de la pétrochimie envahie son quotidien, mais aussi, les analyses des sols, les conseils techniques, la génétique végétale etc. Le monde agricole évolue si vite qu’il est parfois difficile de le suivre, on parlera en ces temps d’agriculture raisonnée.

Cependant, même à cette époque il est hasardeux de faire vivre 2 familles sur LA MOINERIE (72ha).

1976, année de la grande sécheresse, mon père achète un tracto-pelle pour les besoins de la ferme. Mais très vite on lui demande de creuser un trou pour un arbre, ici, puis une fondation, ou encore une piscine, par là. C’est alors qu’il créée une activité professionnelle annexe à celle agricole et s’exerce à proposer ses services en travaux publics.

La Rochelle à soif de grandir et accompagne dans sa tourmente toutes les communes voisines. La demande de construction donne de l’essor à la nouvelle activité de la ferme. Si bien que la clientèle s’agrandit elle aussi et oblige mon père à ne faire les travaux des champs, que le soir et le week-end.

En 1996 : A mon tour ! La ferme est à bout de souffle. Les règles administratives rentrent dans les bureaux des paysans, parfois en marge de la réalité, les obligations réglementaires sont exigeantes et demandent de rendre des comptes.

Peut importe il faut redresser la barre et garder le CAP. Mon père me confie la totalité de la gestion de LA MOINERIE.

Mais pour moi il n’y à « Pas d’agriculture si il n’y à pas d’environnement » un raisonnement est simple, mais si on continue ainsi, c’est le mur. Alors j’engage une course effrénée pour déterminer les moyens d’y arriver.

Je me penche sur l’agriculture biologique, trop difficile, dans un premier temps, à mettre en œuvre quand la majorité des champs sont d’un seul tenant, dénués d’arbres, de haies, d’abords écologiques etc. Favoriser l’effervescence de la vie en milieu steppique, j’ai du mal à le croire.

Je me rend alors à des conférences sur les techniques de cultures, je lis, je cherche et c’est ainsi que je m’oriente sur le semis direct et les couvertures végétales. Technique apparu il y a environ 30 ans en France, puis abandonnée, alors que le Chili excelle en la matière, et depuis plus d’un demi siècle.

LA PASSION, s’empare de moi, je veux comprendre, essayer. Tout se met en ordre dans ma tête, je ferais mes premières armes en 1997 Seul à ce moment sur ce thème, j’avance à petit pas, d’échec en échec, j’essuie les remarques déplacées et les regards des collègues qui en disent long. Peut importe, seul dans mon coin : j’apprends, j’expérimente « Mon père me dit alors : c’est en faisant des erreurs que l’on apprends »

Je persiste !

Au fil du temps la biodiversité Biodiversité Il s’agit de la diversité des espèces, des gènes des écosystèmes et des interactions au sein même de cet ensemble.
L’homme est entièrement dépendant de cette biodiversité ; tout ce qui le nourrit provient de la biodiversité. De même que son industrie (plastique, papier, substances thérapeutiques). Sans oublier les micro-organismes qui rendent des services écologiques irremplaçables (dégradation, recyclage de la matière organique, purification de l’eau, fertilisation etc.)
Cette complexité de la biodiversité la rend extrêmement fragile, le simple fait de modifier voire rompre un maillon compromet son équilibre, parfois pour plusieurs décennies un ou plusieurs cycles.
regagne mes champs
, ceux ci sont plus autonomes et demandent moins d’engrais. Les prédateurs des ravageurs des cultures élisent domicile d abord en bordure de parcelle parcelle Portion de terrain délimitée et constituant un champ de cultures. puis en leur centre grâce à l’agroforesterie.

Depuis on vient, de toute la France, à La Moinerie pour expérimenter, observer et comprendre.

Ma technique se précise et commence à faire école !